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huile de cannabis

Un père jugé pour avoir soigné son fils avec de l’huile de cannabis

⚖️ Un procès emblématique relancé

Le 2 avril 2025, Ariimatatini Vairaaroa a de nouveau comparu devant la justice en Polynésie française, après avoir été acquitté en juin 2024. Le parquet a fait appel de cette décision, estimant que les faits méritaient une nouvelle lecture.

Ce père de famille est poursuivi pour avoir utilisé de l’huile de cannabis à dominante CBD afin de traiter son fils, atteint d’autisme sévère et d’épilepsie résistante, avec jusqu’à 30 crises par jour avant le traitement 🌿.

💊 Une défense fondée sur l’efficacité thérapeutique

L’avocat de M. Vairaaroa, Me Thibault Millet, a rappelé que tous les traitements conventionnels avaient échoué. Le père s’était donc tourné vers des variétés de cannabis riches en CBD, en s’inspirant de recherches menées en Israël.

🗣️ « Notre société est responsable. Il existe des remèdes qui ne sont pas disponibles en France », a plaidé Me Millet, appelant à une justice humaine face à une situation médicale désespérée.

Trois certificats médicaux ont été présentés au tribunal pour attester que les plantes saisies n’étaient pas psychoactives, car faiblement dosées en THC. Selon la défense, cela devrait exclure M. Vairaaroa de toute sanction, la réglementation polynésienne autorisant désormais l’usage thérapeutique du cannabis à dominante CBD.

🚬 Une accusation centrée sur la consommation personnelle

Le procureur reste cependant inflexible. Pour lui, il ne s’agit pas d’un acte de nécessité médicale, mais d’un usage personnel dissimulé. Il insiste notamment sur le passé de consommation de cannabis du père, remontant à l’adolescence, et sur ses précédentes condamnations.

🎙️ « Il fume tous les soirs. Ce n’est pas pour son fils qu’il cultive », affirme l’avocat général, qui a requis trois mois de prison avec sursis, estimant que « le jugement de relaxe n’a aucun sens ».

Il affirme que M. Vairaaroa avait d’autres alternatives légales, comme le sport ou les plantes autorisées, pour gérer son stress.

😔 Une affaire profondément humaine

Pour la défense, cette position est le reflet d’un système rigide incapable de faire face aux réalités médicales. Le retrait brutal du traitement a eu des conséquences dramatiques sur l’état de santé de l’enfant, qui a subi des crises toutes les deux minutes pendant plusieurs jours.

💬 « Que feriez-vous si votre enfant s’étouffait et qu’un traitement efficace était illégal ? » a lancé Me Millet à la Cour. Il dénonce une “justice de robots” et appelle à remettre l’humain au centre des décisions judiciaires.

Son discours a été accueilli avec émotion dans la salle, alors que l’opinion publique polynésienne évolue clairement en faveur du cannabis médical.

🗓️ Verdict attendu en mai, possible recours en cassation

La cour d’appel rendra sa décision le 15 mai 2025. Si la condamnation est confirmée, la défense a déjà annoncé son intention de saisir la Cour de cassation.

L’objectif : créer un précédent juridique, susceptible de faire évoluer la politique sur le cannabis médical en Polynésie française — voire dans l’ensemble des territoires ultramarins.